Les biais cognitifs : Apprendre à poser un autre regard sur vos pensées et vos choix.
Avez-vous l’impression de percevoir les situations telles qu’elles sont et à d'autres moments de les voir pires qu'elles ne sont. Notre cerveau ne se contente pas d’enregistrer objectivement la réalité : il la sélectionne, l’organise et l’interprète en fonction du vécu de chacun, de vos émotions, de vos croyances et de vos expériences passées.
Nous ne portons pas les même "lunettes de couleurs", c'est ce qui va donner autant de réalités psychiques différentes qu'il y a d'individus. Là où l’un verra une remarque constructive, l’autre pourra ressentir une critique ou un rejet. Là où une personne percevra un silence comme un simple moment de distraction, une autre pourra l’interpréter comme un signe de désintérêt.
Ces réflexes défensifs sont notamment influencés par ce que l’on appelle les biais cognitifs.
Qu’est-ce qu’un biais cognitif ?
Un biais cognitif est un mécanisme de pensée qui est souvent inconscient, rapide, intuitif pour traiter une information. Elle n'ira pas forcément dans une logique ou de la rationalité. C'est plutôt un raccourci utilisé par le cerveau pour analyser rapidement une situation, prendre une décision ou pour éviter un danger.
Ces raccourcis ne sont pas nécessairement négatifs. Ils nous permettent de fonctionner sans devoir analyser en profondeur chaque information reçue. Cependant, ils peuvent parfois déformer la perception d’une situation et conduire le sujet à tirer des conclusions trop rapidement.
Avoir conscience des principaux biais vous aiderons à observer les incohérences de fonctionnement de vos interlocuteurs.
Le biais cognitif ne montre pas une incapacité à réfléchir ou que le raisonnement est mauvais. Il montre simplement que la pensée n’est jamais totalement neutre.
Les interprétations sont influencées par :
- Le vécu personnel ;
- L'éducation ;
- Les expériences relationnelles ;
- Les blessures émotionnelles ;
- Les peurs ;
- L'état de fatigue ou de stress ;
- Les croyances sur vous-mêmes et les autres.
Prendre conscience de ces mécanismes permet progressivement de différencier les faits de l’interprétation que vous en faites.
Les biais cognitifs et votre histoire émotionnelle
Les biais cognitifs ne sont pas uniquement liés à votre manière de réfléchir. Ils sont souvent influencés par votre mémoire émotionnelle.
Une situation apparemment banale peut réveiller une ancienne sensation de peur, de honte, d’impuissance ou d’insécurité. Le cerveau peut alors réagir comme si le danger appartenait encore au présent.
Par exemple, une personne ayant grandi dans un environnement imprévisible pourra être particulièrement attentive aux changements de ton, aux silences ou aux tensions. Elle pourra interpréter rapidement ces signaux comme l’annonce d’un conflit ou d’un rejet.
Cette réaction n’est pas voulue. Elle s’est souvent construite comme une stratégie d’adaptation destinée à anticiper ce qui pouvait arriver.
Cependant, ce mécanisme autrefois protecteur peut devenir source de souffrance lorsqu’il continue de s’activer dans des situations qui ne présentent plus le même danger. Cette situation renvoit à un souvenir avec toujours la même douleur qui se réactive. Mais la situation, les intervenants sont tout autre.
Quel peut être l’apport de l’EMDR ?
L’EMDR est une approche thérapeutique principalement utilisée dans le traitement des expériences traumatiques ou émotionnellement marquantes.
Certaines croyances négatives peuvent rester associées à des événements passés :
« Je me sens en danger. »
« Je me sens impuissant. »
« Je ne mérite pas d’être aimé. »
« Je dois rester effacé. »
« Je dois toujours rester sur mes gardes. »
« Je peux faire un choix différent. »
« Ce qui s’est produit autrefois ne se reproduit pas nécessairement aujourd’hui. »
Même lorsque la personne sait rationnellement que la situation actuelle est différente, son corps et ses émotions peuvent continuer de réagir selon l’ancienne expérience.
Le travail en EMDR va aider à retraiter certains souvenirs restés douloureux ou insuffisamment intégrés. L’objectif n’est pas d’effacer le passé, mais de permettre à l’événement de reprendre sa juste place dans l’histoire de la personne.
Lorsque la charge émotionnelle diminue, il devient souvent plus facile de considérer la situation présente avec davantage de recul. La personne peut alors accéder à une interprétation plus adaptée :
« Aujourd’hui, je suis capable de me protéger. »
« J’ai des ressources en moi. »
L’EMDR ne supprime pas tous les biais cognitifs. Il peut toutefois contribuer à diminuer l’influence de certaines expériences passées sur la perception actuelle.
Quelques questions pour poser un autre regard
Pensez à une situation qui déclenche une émotion forte, prenez un temps de recul et posez vous ces quelques questions :
- Quels sont les faits que vous pouvez réellement observer ?
- Quelle interprétation êtes vous en train de donner à cette situation ?
- Qu’est-ce que cette situation réveille émotionnellement en moi ?
- Est-ce que cela me rappelle une expérience passée ?
- Etes vous certain de connaître les intentions de l’autre ?
- Existe-t-il une autre explication possible ?
- Est-ce que ^vous recherchez uniquement les éléments qui confirment votre peur ?
- De quoi auriez vous besoin pour vous sentir davantage en sécurité ?
- Quelle décision prendriez-vous si vous n'étiez pas guidé uniquement par la peur ?
Ces questions permettent de créer un espace entre ce que vous ressentez et la conclusion que vous en tirez.











